Prédication du Dimanche 11 Novembre 2018

Thème: L’exemple de L’humble serviteur.

Textes: Marc 12 38-40

Résumé de la prédication du Dimanche 11 Novembre 2018, faite par Le Pasteur Eloi Agbanou

Le grand qui devient serviteur, c’est assez paradoxal, c’est difficile. Pensons que Jésus lui-même n’est pas
arrivé à faire comprendre cela à ses apôtres, eux qui se bousculaient tout au long de l’évangile pour avoir
la première place.

Dans un monde où la volonté de puissance mène toujours le jeu, que Dieu nous aide à entrer au cœur de l’évangile, qui est aussi le fond du cœur de Jésus. Mais nous ne sommes plus sous l’Ancien Régime. De toutes nos forces, nous voulons revenir à l’évangile. Notre désir de devenir images de Dieu nous fait regarder Jésus, imiter Jésus qui lava les pieds de ses apôtres. Cette idée de service traverse tout l’évangile. Et on peut dire que le service fait partie de l’idéal du travailleur chrétien, du chef d’entreprise chrétien, du fonctionnaire chrétien. L’esprit de service, c’est notre valeur commune. Servir, c’est mettre en valeur l’humilité.

C’est donc, en fait, un antagonisme global qui se déploie entre deux manières de vivre, de parler, d’échanger, d’agir… l’une tournée vers le paraître, l’autre vers l’être… La première nie l’être d’où il surgit en se substituant à lui, la chaire de Moïse est occupée, fermée. L’une met en avant la publication, le fait que l’action soit vue, l’autre se base sur le secret, l’intériorité en récusant le fait même de se faire appeler et reconnaître comme maître. Dans l’une, un système d’obligations pesantes est promu, dans l’autre chacun est en lien direct et personnel avec le Mystère de Dieu. Dans l’une, tout est hiérarchique, dans l’autre chacun est appelé à être frère de son prochain, chacun étant conduit par le seul et unique maître, le Christ. L’humble serviteur prend le devant de toute bonne attitude.

Il ne donne pas seulement la leçon, il la rend pratique et applicable. L’orgueil est le maître du paraitre, mais être est la source de l’humilité.

La chaire de Moïse devait normalement être vide. Elle signifiait, par-là, cette volonté pour le Peuple Juif de
se livrer à la Parole reçue au-delà de ceux qui pouvaient la transmettre ou l’interpréter. Cette place vide renvoyait au surgissement toujours possible du prophète rappelant ponctuellement chacun à sa finalité. Les scribes et les pharisiens s’arrogent donc une position qu’ils n’ont aucun droit à occuper. Ils se coupent et coupent les autres du surgissement de la Parole de Dieu.

Cette notation faite par Jésus rappelle aussi le début de son propre discours sur la Montagne qui a commencé par la proclamation des béatitudes. Là, le Christ était lui aussi assis lors de son enseignement, tel un nouveau Moïse, certes mais à même le sol. Et, ensuite, il marchera avec ses disciples humblement,
cherchant de tout son être à incarner ce qu’il a annoncé… L’enjeu est donc, pour nous, de laisser ou non un espace vide entre ce qui est dit et celui qui le dit. Espace qui donne à chacun de pouvoir faire silence, de pouvoir se situer lui-même, de pouvoir se déterminer.

L’humble serviteur, c’est celui qui nous observe dans le silence et dans l’invisibilité pour apprécier notre manière de vivre avec les autres. Il nous donne l’occasion de nous refaire à son image dans l’humilité et la prise en compte de la valeur du prochain devant Dieu.

 

Pasteur Eloi Agbanou

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