Prédication du Dimanche 23 Décembre 2018

Thème: Un sauveur nous est né.

Textes: Luc 2/1-20

Résumé de la prédication du Dimanche 23 Décembre 2018, faite par le pasteur Eloi AGBANOU

Les bergers vers le Grand Berger

Les bergers de Bethléem dans la tradition de l’Eglise En partant d’Origène jusqu’au 14 ème siècle, on a relevé une quinzaine d’auteurs qui ont fait un commentaire de l’adoration des bergers de Bethléem (Luc 2,1-20). De façon générale : 1). Luc 2,1-20 a un sens littéral, historique, fondamental. Il concerne les bergers de Bethléem, entendu au sens propre du terme, les gardiens de troupeaux de moutons. Illuminés par la révélation céleste, et avertis par l’ange à propos du Christ sauveur et Seigneur né à Bethléem, ils rendirent visite au nouveau-né puis ils annoncèrent à tous ce qu’ils avaient vu et entendu. Nous n’avons pas en droit de mettre en doute les éléments réels de ce récit. 2). Au-delà de ce sens littéral et historique de base, les auteurs reconnaissent en Luc 2/1-20 un sens qu’ils appellent typologique, spirituel, mystique ou moral, et qui renvoie à la vie des disciples après Pâques et à la vie de l’Eglise. Les gestes et les paroles des bergers sont mises en relation avec la foi et l’activité que les disciples de Jésus ont eue quand leur esprit fut illuminé par la révélation de la
résurrection. Les bergers de Bethléem sont l’image des bergers de l’Eglise qui comme ces bergers de Bethléem
annoncent à tous la révélation reçue. Sur cette dimension ecclésiale, il y a un accord et une continuité surprenante. Quelques-uns précisent plus en détail qui sont les bergers de l’église : les disciples de Christ, les apôtres qui annoncent l’évangile, l’apôtre Pierre, les évêques, les prêtres, les diacres ou les recteurs de monastères, les prédicateurs, les docteurs de l’église, ceux qui s’occupent au moins de deux ou trois personnes… Les Bergers de Bethléem dans l’Ecriture La tradition a fait le lien entre les bergers de Bethléem et les pasteurs de l’Eglise parce que l’Ecriture elle-même y encourageait. L’évangile de Luc de l’adoration des bergers contenait déjà une série de motifs pascals : la gloire du Seigneur, les titres du Christ… À Bethléem et à Pâques, un signe est offert : à Bethléem, le signe est un enfant enveloppé en bandes, couché dans une mangeoire (Luc 2,11) ; à Pâque, le signe est constitué par un tombeau vide dans lequel le suaire et les bandelettes sont à leur place (Luc 24,5). À Bethléem, le nouveau-né invite à se demander : qui est cet enfant ? Et la réponse est donnée par l’ange : Aujourd’hui vous est né un Sauveur, le Christ, le Seigneur (Luc 2,11). Au sépulcre, l'absence du corps de Jésus suscite la question : où est le Seigneur ? Et la réponse vient aussi des anges : il n’est pas ici, il est
ressuscité (Luc 24,6). Les bergers de Bethléem sont évangélisés : ils sont bouleversés par la gloire du Seigneur
qui, par son ange, leur annonce l’événement de Noël. Ils vont voir et trouvent Marie, Joseph et l’enfant. Ensuite, ils deviennent évangélisateurs : ils parlent, ils font connaître à tout le monde ce qu’ils ont entendu et vu. Tous s’émerveillent, et Marie garde toutes ces choses en son cœur. Et les bergers repartent louant et glorifiant Dieu. Les bergers anticipent l’expérience des disciples qui sont d’abord évangélisés, par Jésus bien sûr mais aussi par l’ange du matin de Pâque, et qui ensuite sont devenus des évangélisateurs –

« Il y aura une souveraineté étendue et une paix sans fin pour le trône de David et pour sa royauté, qu’il établira et affermira sur le droit et la justice dès maintenant et pour toujours » (Isaïe 9, 6). Une fois de plus soulignons le « signe » étonnant qui leur permet de le reconnaître ; mais peut-être est-il « étonnant » seulement selon les normes du « monde » alors que pour Dieu, pourrait-on dire, c’est normal : il choisit toujours les instruments et les moyens les plus humbles, et les plus dépouillés.

Tout à coup se joignit à l’ange une troupe de la milice céleste (v. 2, 13-14)

La terre et le ciel s’unissent dans la joie et la louange. C’est l’univers entier, le monde visible et invisible, qui
éclate de joie devant cette naissance. L’indication « tout à coup » donne force et vivacité à ce chant, comme une voix claire et puissante qui entonne le chant du Gloria : nous entrons ici dans la liturgie du ciel. Et surtout, nous faisons l’expérience que notre monde n’est pas clos sur lui-même, que le salut ne vient pas des efforts personnels ou collectifs des hommes ; le salut est donné, et il est donné en cet enfant ! De plus, le salut n’est pas seulement notre affaire ; il touche toute la création et, bien sûr, avant tout Dieu qui aime les hommes qu’il a créés. Donc : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix aux hommes qu’il aime ! »

 

Pasteur Eloi AGBANOU

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