Prédication du Dimanche 16 Juin 2019

Thème:

Textes: Jean 16/12-15

Résumé de la prédication du Dimanche 16 Juin 2019, fait par l’ancienne Dorline KOUATCHOU.

Bien-aimés dans le Seigneur, nous sommes rendu à une semaine après la fête de Pentecôte qui commémore l’effusion du Saint-Esprit sur les disciples et nous rappelle l’origine de l’Eglise. En même temps, nous devons savoir que tous les chrétiens de tous les temps sont également bénéficiaires du Saint-Esprit. Il n’est pas l’apanage exclusif d’un groupe de fidèles, de certaines Eglises ou mouvements et renouveaux charismatiques comme certains semblent le penser et l’enseigner. Nous sommes rassemblés en une communauté des chrétiens parce que le Saint-Esprit s’est révélé à chacun de nous de façon particulière et nous met ensemble pour l’œuvre et la gloire de Dieu.

Le texte de l’Evangile de Jean de ce dimanche fait partie du discours d’adieu que Jésus prononce à l’endroit de ses disciples  avant sa mort, sa résurrection et son départ du monde terrestre. Ce discours couvre les chapitres 13/31-14/31, et 15-16 de l’Evangile de Jean. Celui que nous venons de lire nous situe au cœur de l’action du Saint-Esprit dans l’Eglise et dans la vie du chrétien. Le Saint-Esprit, troisième personne de la trinité, est venu du ciel, envoyé par Dieu pour être une bénédiction et un soutien aux disciples. Loin d’être considéré comme une simple conscience naturelle, le Saint-Esprit est la force agissante de Dieu en l’homme par sa présence dont le but est de perpétrer la présence du Christ.

A plusieurs reprises Jésus parle de ce Saint esprit et le présente comme le « paraclet », le consolateur ; et au verset 13 il dit : « Quand le consolateur sera venu… ». Il  est consolateur parce qu’il vient pour combler le vide laissé par le départ de Jésus. Les disciples ne vont pas se sentir orphelins ou abandonnés. Le Saint-Esprit va dissiper leurs craintes parce qu’il remplace Jésus, et fait tout ce qu’il aurait dû faire s’il était encore avec eux. Jésus n’est plus présent physiquement, mais spirituellement. Avoir le Saint-Esprit c’est avoir Jésus, le grand ami fidèle et tendre.

Bien-aimés, nous devons être rassurés aujourd’hui et convaincus que nous ne sommes pas seuls dans nos multiples combats quotidiens pour la vie et la survie ; Jésus se fait présent dans nos vies, dans nos familles, dans l’Eglise, au milieu de nous chaque jour. Par le Saint-Esprit, il nous guide, nous oriente, nous conseille, nous console, nous reprend.

Au moment où Jésus s’apprête à quitter les disciples, la présence et l’importance du Saint-Esprit sont nécessaires : sinon, les disciples seront limités dans leurs pensées et compréhension des choses et même dans leur agir.

Jésus leur rappelle qu’il a encore beaucoup de chose à leur enseigner, mais le Saint-Esprit le fera en son nom le moment venu ; car jusque là, les disciples sont encore ignorants de la personne de Jésus et de l’œuvre qu’il est venu accomplir sur la terre. Ils sont restés figés sur la conception de ce Messie héros, conquérant, libérateur du pouvoir politique et dominateur romain. Quand Jésus leur parle donc de sa mort prochaine par crucifixion, de sa résurrection et de son départ, ils ne comprennent rien. Ils sont troublés, confus et perdus dans leurs pensées. Jésus le sait, et ne veut pas brusquer les choses, il s’y prend de façon posée et méthodique car, en matière de formation, d’enseignement, quelque soit le domaine, il faut être patient et persévérant. Les enseignants ne nous diront pas le contraire ! Jésus est un bon pédagogue ; Il prépare ses disciples non seulement à recevoir le Saint-Esprit, mais aussi à se laisser instruire par lui. Bien plus, il les réconforte et les rassure.

En matière de foi bien-aimés, il faut y aller de façon progressive, étape après étape. Dans une communauté chrétienne comme la nôtre, il faut bien tenir compte du statut et des potentialités de chacun. Car tous n’ont pas le même niveau de compréhension des choses spirituelles. C’est pourquoi il faut souvent éviter de juger et de frustrer ceux qui ne pensent pas comme nous, ou ne font pas comme nous. Dans une même communauté, il y en a qui sont encore au niveau du lait spirituel, tandis que d’autres sont déjà au niveau de la nourriture solide. Vous convenez avec moi qu’il faut commencer par le lait pour arriver à la nourriture solide pour une bonne croissance spirituelle. Au risque de se retrouver avec un kwashiorkor ou un marasme spirituel. C’est pourquoi il y’a le culte d’enfants, le catéchisme, la formation spirituelle continue à travers les prédications, les enseignements, les études bibliques, les retraites spirituelles, les études bibliques, les moments de partage. La foi n’est pas statique, elle se veut dynamique, elle n’est pas acquise une fois pour toute. Elle a besoin d’être nourrie et  entretenue.

Pour ce qui est des disciples, Jésus est entrain de boucler avec la première étape de leurs formations le Saint-Esprit vient pour la continuité afin de les guider dans la vérité, de leur faire connaître les choses à venir ; en d’autres termes, il est question de les préparer à faire face à la grande mission qui consistera à établir l’Eglise de Christ sur toute la terre.

Comme ces disciples, chacun de nous devrait comprendre qu’il est à une étape de sa marche avec Dieu et qu’il lui reste encore beaucoup à découvrir et à faire. Nous devons être à l’écoute du  Saint-Esprit afin qu’il nous guide sur le chemin de la maturité spirituelle. L’esprit ne vient pas pour révéler le contenu d’un nouvel enseignement, il vient pour amener à l’appropriation et à l’approfondissement de la révélation de Christ qui est lui-même la vérité. Il nous amène à vivre nous-mêmes dans la vérité, c’est-à-dire dans l’obéissance à Dieu et le respect qui lui est dû. Les hommes et les femmes qui ont pour guide le Saint-Esprit vivent dans la crainte de Dieu. Leur cœur est rempli d’amour, du désir de paix, de justice. Ils vivent au quotidien le pardon, la tolérance, la réconciliation, ils s’accueillent mutuellement, la solidarité est leur partage. Ils sont remplis de sagesse et glorifient Dieu par leurs paroles et actions. Le Saint-Esprit donne le discernement. Il convainc du choix à opérer, de ce qui est bon ou pas, de ce qui est agréable à Dieu ou non.

Au verset 15b, Jésus affirme, parlant du Saint-Esprit : « Il prendra de ce qui est à moi et vous l’annoncera » ; cela veut dire qu’il prend la justice de Christ, son autorité, son pouvoir, sa gloire pour nous les faire connaître. Des attributs qui appartiennent à Dieu et à Christ. Tout ce qui est à Dieu est également à Christ, et le Saint-Esprit nous le révèle. Voilà le mystère de la trinité vivante et agissante. Père, Fils et Saint-Esprit unis dans une relation d’amour et de partage, chacun dans son rôle. C’est l’image même de l’unité de l’Eglise, des chrétiens, dans la diversité, un thème également si cher à l’évangéliste Jean. Une unité qui est maintenue par l’œuvre du Saint Esprit. Car le Saint-Esprit fait des croyants d’une part des frères et sœurs de Jésus, et d’autre part des frères et sœurs entre eux. Ce qui est parfaitement perceptible dans la double relation horizontale et verticale illustrée par la croix de notre Seigneur.

Cette unité doit se manifester dans l’Eglise, dans nos familles et dans toutes les sphères de la société : relations amicales, conjugales, professionnelles… l’unité est donc cette œuvre de Dieu qui concerne tous les croyants, de toutes les nations, de toutes les dénominations partout et de tout temps ; pourtant elle demeure cette pilule amère difficile à avaler même par tous ceux qui se réclament de Dieu. Le message d’appel à l’unité demeure une préoccupation urgente pour l’Eglise aujourd’hui, et même pour tous les peuples dans un contexte de guerre, de déchirement,  de conflits, où règnent la division et la haine. Prôner l’unité dans une société dominée par l’exploitation, la domination, le capitalisme, l’individualisme et l’égoïsme. Comment construire cette unité au moment où le monde se divise davantage en blocs, en groupes (les puissants et les faibles…), en catégories (pays développés d’un côté, et de l’autre pays pauvres et très endettés). Oser parler de l’unité dans une société où excellent l’indifférence, le racisme, le tribalisme, l’exclusion, l’injustice, le mépris total et la marginalisation.

L’Eglise elle-même ne reflète guerre un visage reluisant de l’unité. Elle est davantage divisée, objet de scandale, trainée dans la rue et dans la boue. Les chrétiens sont divisés en camp et certains leaders religieux sont devenus des gourous. Au lieu de prêcher l’Evangile qui rassemble, on forme des adeptes et favorise les divisions au nom des clans, de l’appartenance ethnique ou tribale. Pourtant l’unité des disciples pour laquelle le Christ en a fait une requête principale dans la prière sacerdotale (Jean 17) rend crédible le message de l’Eglise et fait partie de sa mission. Elle se construit au quotidien dans la diversité de nos origines ou appartenances, des différentes cultures, langues, races, ethnies ou tribus. Par cette unité entre les hommes, chacun devrait se sentir partout parmi les siens, jouissant des mêmes droits, soumis au même devoir.

 

Le Seigneur en envoyant son saint Esprit en nous et au milieu de nous, a un ardent désir de faire de chacun de nous un témoin véritable de son royaume qu’il veut déjà en marche et concret au milieu des hommes. Il nous met au défi d’être des hommes et des femmes de différence dans un monde pervers et en décrépitude. Le Saint esprit vient donc comme régénérateur de notre vie chrétienne, dispensateur des dons et fruits de l’esprit dont nous parle galates 5 : 22. L’arbre n’est il pas apprécié par la qualité du fruit qu’il porte, Il ne suffit donc pas pour nous aujourd’hui de dire, de proclamer ou de chanter que nous avons reçu le Saint esprit. Ses œuvres doivent être visibles en nous. Et c’est donc avec assurance et en toute confiance que nous devons persévérer sur le chemin de la foi, et affronter les combats qui se présentent à nous au quotidien. Comme aux disciples le Seigneur apaise nos inquiétudes. « Que votre cœur ne se trouble point, croyez en Dieu et croyez en moi » Jean 14 : 6.

Que l’Eternel bénisse en chacun de nous l’écoute et la mise en pratique de sa Parole.

L’ancienne Dorline KOUATCHOU

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