Prédication du Dimanche 01 Septembre 2019

Thème:Jésus! le Compassionnel

Texte Biblique: Luc 14 verset 1-14

Résumé de la prédication du Dimanche 01 Septembre 2019, fait par le Pasteur Eloi AGBANOU

 

Les plus habiles de ce monde veulent toujours contourner la loi ou faire parler le droit en leur faveur quand leurs intérêts sont en jeu. Ils ont la capacité de créer des situations qui pénalisent l’autre qui a raison et de faire croire qu’il est dans l’illégalité. Ils veulent toujours montrer aux yeux du monde qu’ils ont les meilleurs observateurs et applicateurs de l’équité pourtant ils ont en main une machine secrète pour torpiller le droit et détourner la pratique de l’équité comme une atteinte à l’ordre publique ou aux droits de la personne humaine. Tout ceci montre que certains s’arrogent le pouvoir d’être détenteur et manipulateur du droit et que d’autres doivent être les victimes ou les résignés d’un ordre social établi pour protéger les intérêts des forts et conserver les faibles dans leur cage des petits de la société. D’autres ont droit aux soins à tout moment, d’autres doivent attendre longuement avant d’être reçus ou consultés. D’autres ont droit aux places moelleuses et prestigieuses de la société, mais d’autres doivent se contenter de leurs places réservées sur les bancs en planchers durs parsemés de clous et de creux rabotés par la scie.  C’est ainsi que se présentent les réalités profondes et tristes de notre monde.

Ce texte de Luc 14/1-14 nous donne le schéma de ce monde décrit ci-dessus et qui attire l’attention d’un être spécial de la divine famille : Jésus-Christ. Il prend deux exemples frappants pour illustrer les manipulateurs du droit et de l’équité et les victimes pacifiques de l’inégalité sociale.

Le premier cas de compassion de Jésus décrit ici dans ce texte est celui du malade qui est venu à Jésus et qui sollicite guérison le jour du Sabbat. Jésus, sans tarder le guérit et le renvoya. Le plus grand défi est que cette guérison le jour du sabbat se fait chez un des chefs de pharisiens où Jésus s’y rendit pour prendre un repas. Jésus guérit le malade malgré l’interpellation du pharisien qui voudrait savoir si une telle action est permise le jour du Sabbat selon la loi juive. Mais pour Jésus, la meilleure réponse est d’offrir la guérison au malade d’hydropisie. Une maladie complexe expliquée par petit Robert qui dit que l’hydropisie est l’épanchement de sérosité dans une cavité naturelle du corps par exemple l’abdomen ou entre les éléments du tissu conjonctif – le ventre grossit et cet épanchement entraine des œdèmes généralisés.

Le malade en question doit vraiment souffrir psychiquement et physiquement. La présence de Jésus chez ce chef de pharisiens doit être pour lui une véritable grâce divine qui vient le soustraire de cette souffrance. La compassion de Jésus ne s’est pas faite attendre. Elle a été automatique et spontanée. Pour lui Jésus, le sabbat pour l’homme et non l’homme pour le sabbat.  Ce chef de pharisiens qui voit l’action de Jésus comme une violation de la Thorah est compté parmi les manipulateurs des lois institutionnelles qui profitent à leur position hégémonique. Pour lui, l’homme passe après les lois institutionnelles et pour Jésus, L’homme passe avant ces dernières.

La deuxième articulation de notre texte est celle qui présente Jésus dans sa compassion envers les laisser pour compte de la société. Même s’il commence par une leçon d’humilité sur la manière de choisir sa place lors d’une invitation à un banquet, ce qui le préoccupe plus est la compassion exprimée à l’endroit de ceux qui sont loin des grands festins et qui ne sont jamais invités aux grands festins ou aux grandes manifestations populaires où une place leur est accordée. Aussi pour cette question de manque d’humilité dans le choix de place dans une invitation,  Jésus aurait sûrement observé la manière désinvolte des pharisiens de choisir leur place lors des invitations à un festin. Ces derniers se donnent des honneurs ou des places d’honneur sans attendre que le maître du banquet leur indique la place qui leur convient.  Il saisit donc l’occasion pour dire au chef des pharisiens qu’il remarque que les invités ne sont que ses amis, ses confrères et connaissances. Lui, Jésus aurait souhaité voir parmi les invités à ce grand dîner, les pauvres, les infirmes, les aveugles et les boiteux. Tu seras le grand bénéficiaire de cette action parce que ceux là ne pourront pas te le rendre, mais la grande récompense te sera offerte par Dieu qui relève de la mort ceux qui ont fait le bien.

Jésus est-il invité à ce festin pour des raisons d’enquête ou pour l’éprouver sur des questions sociales brulantes? Ce pharisien était-il son ami ou quelqu’un de modéré de ce groupe trop religieusement fanatique des pratiques de la loi juive? Ce qui est vrai, Jésus s’offre une occasion pour toujours enseigner et faire passer une leçon d’usage malgré les alertes négatives venant de cette caste sociale prompte à condamner quiconque se met au travers des lois prescrites par la Thorah.

Jésus veut juste passer une leçon de compassion, inviter à vivre la Thorah comme un livre de Loi pour la vie et le bien-être, un livre qui prône l’inclusion et non l’exclusion, un livre qui élève l’homme au-dessus des institutions et non qui le soumet aux institutions. Pour lui Jésus, l’institution n’a de valeur positive que si elle prône le Bien-être, le bonheur, la vie, la justice, l’équité, la solidarité, l’égalité des chances et accès aux ressources de l’espace de vie.

Jésus est sensible aux souffrances humaines, aux inégalités sociales. Sa compassion vient comme un remède de survie pour ceux et celles qui ont perdu l’espérance de reconquérir un mieux-être.

Avec compassion, il regarde ces enfants affamés des pays pauvres, des familles pauvres, des familles en exil et en plein exode vers un pays où elles croient trouver une vie meilleure. Il regarde avec compassion ces malades abandonnés à eux-mêmes incapables de se soigner fautes de moyens ‘ Sa compassion ne peut manquer de produire un effet positif pour un lendemain meilleur de ces oubliés et de ces exclus des grandes fêtes. La compassion de Jésus reste notre force à saisir pour ne plus se sentir marginalisé ou victime d’une quelconque exclusion sociale.

Pasteur Eloi AGBANOU

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